Touraine Planeur

Les origines du C800 Epervier

En septembre 1941, la section des Sports aériens établit un programme de rénovation du parc planeurs français. Chef du département « planeurs » chez Caudron pendant l’occupation, de 1940 à 1943, Raymond Jarlaud étudie le biplace école C-800 Épervier.

C'est précisément ce C 800 N° 132 que nous allons remettre en son état d'origine, c'est-à-dire... sans moteur.


Deux prototypes commandés par le Commissariat général à l’Education nationale et aux sports (section des Sports aériens), sont construits dans un atelier dirigé par M. Ramondou et situé rue Diderot, à quelques centaines de mètres de l’usine principale Caudron de la rue Guynemer d’Issy-les-Moulineaux.

Le prototype, achevé en janvier 1942, effectue son premier vol en avril suivant, aux mains de Roger Janin. Un exemplaire n° 2 vole également avant l’invasion de la zone libre, mais celle-ci interrompt le travail. D’après Roger Cartier, aucun pilote de l’occupant ne l’a essayé, puis la machine est  transportée à Aire-sur- l'Adour. Il a été nécessaire de modifier l’empennage vertical, de supprimer la compensation du gouvernail de direction et d’augmenter le dièdre de la voilure. De plus, lorsque l’appareil repose au sol, aile inclinée, l’extrémité de l’empennage horizontal est trop près du sol. Il est décidé de lui donner du dièdre et donc, de construire un nouvel empennage.

Après les essais en vol, les prototypes sont attribués en 1942, l’un à la Banne d’Ordanche, l’autre à la Montagne Noire. Pendant l’occupation de la zone sud, ce centre est protégé, ainsi que l’ensemble du parc de matériel, et est remis en service fin 1944 pour assurer la formation des moniteurs.

Le 9 septembre 1944, le gouvernement du Général De Gaulle se dote d’un Ministère de l’air confié à Charles Tillon. Celui-ci élabore un ambitieux programme de relance de l’aviation française. Des centaines de planeurs sont prévus. Parmi ceux-ci, le C-800 est commandé en catégorie biplace, avec le Castel C-25S. Le premier Épervier de série sort en juin 1944 des Ateliers AAI, nom pris à la libération par l’usine Caudron d’Issy-les-Moulineaux, devenu plus tard la Société nationale des constructions aéronautiques du nord (SNCAN).

Ce n’est qu’en 1945 que la production en série est lancée. La commande initiale portait sur 450 exemplaires mais elle sera réduite à 248 appareils construits d’après le marché n° 324/45 du 30 octobre 1945. Il semble que vingt planeurs ont été construits en Algérie, livrés jusqu’en 1949. Ils résultent d’une commande de trois appareils passés en 1942 à la Société Caudron de Boufarick, suivie en 1945 d’une autre commande de 17 machines passée à la SNCASE, qui a succédé à Caudron à partir de juillet 1945 dans la direction de l’usine.

Initialement dépourvus d'aérofreins, les C-800 en sont munis à partir de 1947 et un certain nombre n’en sera équipé que lors des réparations ou grandes visites ultérieures. Ce planeur connait une utilisation intensive, sans histoires particulières, jusqu’à l’arrivée du Wassmer Bijave. Il a la réputation d’avoir un pilotage très classique et démonstratif, qui en fait un planeur école excellent, malgré un certain manque de maniabilité et un lacet inverse notable.

(Texte emprunté à Christian Ravel, fondateur d'Air Passion, le musée de l'air d'Angers Marcé, avec nos sincères remerciements)